Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:28

La Garde
La Garde est une ville du sud est de la France. Elle est située dans le département du Var à l’est de la ville de Toulon. J’y habite et j’aborde dans cet article le vieux La Garde, celui du rocher.

Cette ville est riche en histoire :

- La Garde fut pillée en 1531 par le célèbre Barberousse, autant pilleur sur les mers que sur les terres et grand amiral de l’empire ottoman. A l’époque, il ravagea la Provence en poursuivant la flotte espagnole en débâcle,

- La peste frappa cette ville en 1721, la population fut durement touchée.

De nombreux vestiges sont encore là pour nous raconter le passé. Ce sont les seules traces qui nous restent car les archives de la ville ont été brûlées dans un terrible incendie en 1707.

Origine du nom de la ville : le lieu fut un poste d’observation, une tour de garde dès le huitième siècle. La vue au sommet du rocher permet à celui qui guète de profiter d’un paysage qui s’étend à des kilomètres à la ronde et donc de surveiller les approches de Toulon. Ce poste de guet permettait aussi d’être en liaison directe avec d’autres points de vigies, tels que ceux de la montagne Sicié, du Faron, de Giens et bien d’autres encore, pour relayer des messages.

Bien avant cette période liée au nom, sur la route qui traverse La Garde, dans le quartier Saint-Michel, une bourgade gallo-romaine existait vers 50 AV JC.

Le rocher a été l’assise d’un château fort dès le XIIème siècle. En 1204, la seigneurie de La Garde était déjà «enregistrée» comme faisant partie de celle, souveraine, d’Hyères.   Il ne reste du château qu’une tour transformée en moulin à vent au début du XIXème siècle. Ce château fut habité jusqu’en 1792. Il reste également des portions de remparts dans toute la vieille ville qui témoignent de ce passé féodal.

Pour la beauté des noms, quelques seigneurs de La Garde :

Guillaume du Puget (1367), Elie de Faucon (1440), Louis de Glandevès (1442), Victor d’Artigues (1545), Pierre de Pontevès (1571), Henry de Thomas (1739) dont on a écrit « De tous les indigents il se montra le père, Pour l’Etat et le Roi son zèle est sans égal, et quoiqu’issus d’un sang royal, La modestie est son vrai caractère ».

Armoirie de la ville de La Garde :

Coupé : au premier de gueules à une rose de cinq feuilles d'argent accostée de deux étoiles d'or, au second aussi d'or à un D et un T (signifiant De Toulon) de sable en chef et une étoile de gueules en pointe; le tout sous un chef d'argent chargé du mot GARDE en lettres capitales de sable. Le blason daterait du XIème siècle.

L’église romane Notre Dame du XIIème siècle, église paroissiale jusqu’en 1782, s’intégrait dans le château féodal et abritait les sépultures des seigneurs de La Garde. Elle a failli à maintes reprises disparaître, d’abord lors du siège de Toulon en 1793, puis en 1866 lorsque son clocher menaçait de tomber (on en profita pour la restaurer). En 1916, Jean Aicard, académicien et poète gardéen, la fit classer monument historique.  Les carriers friands d'andésite qui compose le rocher ont affaibli la structure du rocher. La demande était importante, l’andésite de La Garde a servi à faire les pavés de Toulon. Au début des années 80, un pan entier de roches se décrocha. La ville prit alors la décision d’entreprendre une restauration complète de l’église et de son socle, dont le rocher. Ce travail débuta en 1983 pour s’achever 6 ans plus tard en 1989.
 

La tour de l’horloge construite en 1777. Ce fut la première horloge à sonnerie de la commune, elle donnait l’heure et rythmait la vie des villageois.  L’actuel cadran date de 1856, il a été réalisé par un horloger de Toulon. La cloche n’est plus d’origine puisque l’originale fut brisée par un éclat d’obus en 1944. Celle en place aujourd’hui a été fondue à Annecy. Une girouette, installée dès l’édification de la tour mais aujourd’hui disparue, se trouvait au centre du campanile.

Oratoire Saint-Maur :

Cet oratoire de la fin du 17ème siècle, aujourd’hui aux abords d’un sentier menant au sommet du rocher,  était jusqu’en 1981 sur le bord de la route qui menait à Toulon. Il fut démonté puis reconstruit à son emplacement actuel. La population s'y rendait en procession pour les rogations (les trois jours qui précèdent l’Ascension durant lesquels les fidèles pratiquaient un jeûne et le clergé bénissait les cultures). Saint Maur est le patron de la commune. Il passa, accompagné de quelques compagnons, à La Garde en 542. A l’époque, la peur du brigandage incita les locaux à les repousser.  Après que les autorités locales s’aperçurent de la méprise (Saint Benoît lui avait confié la mission d’édifier un monastère dans la ville du Mans),  ils reçurent un accueil digne de leur statut pendant plusieurs jours. Après leur départ, on les escorta durant une partie de leur périple. En réparation de l’offense qu’il avait subie, on construisit, longtemps après, un oratoire en son nom à l’endroit où il avait été molesté.

 

Chaque année, début août, les festivités « Les Médiévales » permettent pendant une semaine de faire revivre ce passé si présent à La Garde et sur le rocher. Je reviendrai faire un article sur ce rocher si énigmatique…

 

 Oyez, oyez, l'affiche de 2003.   

 

 

 

Par Kronos - Publié dans : La Garde Toulon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Commentaires

Je tiens juste à signaler que je n’habite pas le quartier du vieux La Garde, celui du rocher. J’habite La Garde mais dans un quartier beaucoup plus récent.
Commentaire n°1 posté par Kronos le 08/11/2009 à 05h22
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés