C’est la basilique Saint-Denis, d’art gothique, en périphérie
de Paris qui héberge les plus illustres souverains français de Dagobert à Louis XVI. Ce lieu est une nécropole royale.
Avant, la révolution, les monarques n’étaient pas très loin de leur gisant rappelant ainsi aux visiteurs que le sommeil d’un roi et d’une reine peut être majestueux.
La révolution, dans ce qu’elle a de plus terrible, a poussé le peuple à violer les sépultures sous prétexte que tous les hommes naissent égaux mais aussi… demeurent égaux dans le repos éternel. Les dépouilles composées d’os des souverains et souveraines ont été rassemblées dans une fosse commune à l’extérieur de la basilique. Revenus depuis à l’intérieur de l’édifice religieux, les ossements n’ont pas pu être « triés » puis attribués à tel ou tel souverain. L’ensemble est donc rassemblé dans un ossuaire au sein de la crypte.
Dans cette basilique se trouve aussi le cœur de Louis XVII.
La vie du successeur de Louis XVI se résume, dès l’âge de 7 ans, au périmètre d’une cellule. Les révolutionnaires ont emprisonné le jeune prince dans un cachot tandis que ses parents ont été
guillotinés. Il va survivre dans un cachot humide quelques années en subissant un traitement inhumain. Il mourra le 8 juin 1795 de tuberculose.
Le doute sur l’identité de l’enfant emprisonné a commencé dès son vivant. Mais après sa mort, le doute s’est amplifié et on pensait réellement que le jeune prince avait été remplacé par un autre enfant. Grâce à la science, on sait aujourd’hui que le prince a réellement vécu ses derniers jours dans le cachot de la prison du Temple.
Cette prison était située dans le 3ème arrondissement de Paris et fut détruite en 1808. Il devint peu après la révolution un lieu de pèlerinage puisque c’était dans ses murs que la
monarchie française termina son épopée.
C’est Napoléon Bonaparte qui donna l’ordre de détruire cette prison pour endiguer
cet élan de ferveur envers l’ancien régime. Une plaque sur laquelle est dessinée le plan de l’ancien quartier permet de se faire une idée sur l’emplacement de l’ancienne prison. Cette plaque est
située à l’angle des rues Dupetit-Touars et Gabriel Vicaire dans le 3ème arrondissement de Paris.
Revenons au cœur du récit… Le cœur de l’enfant, fort habilement « subtilisé » par le médecin qui l’autopsia peu après sa mort, devint une relique
précieusement enfermée dans un réceptacle en cristal. Cette relique voyagera, au fil du temps, cachée au sein de divers familles de la noblesse déchue. Ce n’est qu’en 1975 que ce cœur entrera
dans la basilique Saint Denis. Il sera entreposé dans la crypte de la basilique en même temps que le doute sur son origine.
Il faudra attendre 1999 pour qu’un chercheur propose l’idée de faire comparer par deux laboratoires l’ADN prélevé sur le cœur supposé du Dauphin avec celui d’un cheveu de Marie Antoinette.
Le résultat fut indiscutable : il y a bien un lien de parenté entre la reine et ce cœur. Ce cœur est donc bien celui du Dauphin, Louis XVII. Il détient une entière légitimité pour rester dans cette nécropole royale auprès des illustres monarques.
Ce mystère levé par l’analyse de l’ADN laisse rêveur quand on songe aux nombreux mystères historiques qui pourraient également être éclaircis.